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Journal  / Tutos couture

Coudre du tissu extensible : 10 réglages et astuces pour réussir lycra et jersey sans gondoler

Aiguille, point, pied presseur, finitions : les 10 réglages de l'atelier pour coudre du tissu extensible sans gondoler, du lycra au jersey.

27 octobre 2026 7 min de lecture Par l’atelier D’YRSAN

Coudre du tissu extensible : 10 réglages et astuces pour réussir lycra et jersey sans gondoler

Coudre du tissu extensible fait peur à beaucoup de couturières : coutures qui ondulent, points qui sautent, fils qui craquent au premier enfilage. Pourtant, le lycra comme le jersey se travaillent très bien sur une machine domestique, à condition d’adapter quelques réglages précis. À l’atelier, où nous développons maillots de bain et lingerie pour des marques, ces gestes sont devenus des automatismes.

Voici les 10 réglages et astuces que nous appliquons au quotidien, de l’aiguille au fer à repasser. Ils valent pour un tissu élasthanne de maillot, un jersey de coton pour un tee-shirt ou un satin stretch de lingerie. Gardez une chute de votre tissu à portée de main : chaque réglage se vérifie d’abord sur un essai.

Comprendre la matière avant de coudre du tissu extensible

Un tissu extensible doit son élasticité à sa construction en maille, à la présence d’élasthanne, ou aux deux. Le jersey est une maille qui s’étire naturellement, surtout dans le sens de la largeur. Le lycra de maillot de bain associe généralement du polyamide et une part importante d’élasthanne, souvent entre 15 et 20 %, ce qui lui donne un retour élastique très nerveux.

Réglage 1 : mesurer le sens et le taux d’étirement

Repérez 10 cm sur un bord, puis étirez doucement cette portion contre un mètre ruban, sans forcer. Si elle atteint 15 cm, votre tissu s’étire de 50 % dans ce sens. Répétez l’opération en longueur : un tissu bi-extensible, comme la plupart des tissus de maillot, s’étire dans les deux directions, un jersey classique surtout en travers.

Ce chiffre conditionne tout le reste : le choix du patron, la longueur des élastiques et la façon dont vous guiderez la couture. Notez-le sur une étiquette épinglée à votre coupon. Placez le sens de plus grande extensibilité autour du corps, sauf indication contraire du patron.

Pour vos premiers essais, un lycra mat et épais est plus facile à manipuler qu’une matière très fine, qui roule davantage à la coupe. La sélection de tissus lycra extensibles en propose plusieurs, comme ce lycra mat épais bleu marine, idéal pour s’entraîner sur une culotte de maillot.

Aiguille stretch et fil : le duo qui évite les points sautés

Réglage 2 : choisir la bonne aiguille

Une aiguille universelle a une pointe légèrement acérée qui accroche mal les fibres d’élasthanne, d’où les points sautés. L’aiguille stretch possède une pointe arrondie et un chas spécialement dessiné pour former la boucle du point malgré l’élasticité du tissu. C’est la meilleure option pour le lycra, le satin élasthanne et les mailles fines très extensibles.

Pour un jersey de coton plus stable, l’aiguille jersey, dite à pointe boule, suffit souvent. Côté grosseur, comptez 70 à 75 pour les matières fines et 80 à 90 pour les mailles épaisses ou les jacquards. Changez d’aiguille au début de chaque nouveau projet : une pointe émoussée est la première cause de trous et de fils tirés.

Réglage 3 : un fil qui accompagne l’étirement

Préférez un fil 100 % polyester, plus résistant et légèrement plus souple que le coton. Pour les coutures de maillot très sollicitées, un fil mousse en canette, ou dans les boucleurs de la surjeteuse, apporte un surcroît d’élasticité et un rendu doux contre la peau. Évitez de bobiner ce fil mousse à pleine vitesse : il s’étire et la canette devient trop serrée.

Quel point pour tissu extensible choisir sur votre machine ?

Un point droit classique n’a aucune élasticité : au premier étirement, il casse. Pour coudre du tissu extensible, tout l’enjeu consiste donc à choisir un point pour tissu extensible capable de suivre la matière sans la déformer.

Réglage 4 : le zigzag étroit, point de base

Le zigzag est le point le plus simple, présent sur toutes les machines. Réglez une largeur de 1 à 1,5 mm et une longueur de 2,5 mm pour un assemblage presque invisible qui s’étire avec le tissu. Pour les finitions de bord, élargissez jusqu’à 3 ou 4 mm afin d’empêcher la maille de rouler.

Réglage 5 : les points élastiques intégrés

La plupart des machines récentes proposent un point triple stretch, qui repasse trois fois au même endroit, et un point surjet simulé, qui assemble et surfile en une passe. Le premier est très solide mais difficile à découdre : réservez-le aux entrejambes et aux zones de forte tension. Le second convient bien aux coutures latérales d’un tee-shirt en jersey si vous n’avez pas de surjeteuse.

Réglage 6 : surjeteuse et longueur de point

Si vous possédez une surjeteuse, c’est l’outil idéal pour coudre du lycra : la couture à quatre fils assemble, coupe et surfile en un seul passage tout en restant souple. Réglez une longueur de point autour de 2,5 à 3 mm et testez l’étirement de la couture sur une chute : elle doit s’allonger autant que le tissu sans craquer.

Pied presseur et tension : coudre du tissu extensible sans gondoler

Une couture qui ondule vient rarement du point, mais de la façon dont le tissu est entraîné. Les griffes tirent la couche du dessous pendant que le pied freine celle du dessus : la matière s’allonge sous l’aiguille, puis se rétracte en sortant de la machine et forme des vagues.

Réglage 7 : alléger la pression du pied

Si votre machine le permet, diminuez la pression du pied presseur d’un ou deux crans : le tissu glisse alors sans être étiré. Sur une surjeteuse, jouez aussi sur l’entraînement différentiel. Un réglage supérieur à 1, entre 1,3 et 1,5, resserre légèrement la couture et supprime les ondulations sur le jersey.

Réglage 8 : double entraînement et tension du fil

Le pied à double entraînement fait avancer les deux couches à la même vitesse : c’est l’accessoire le plus rentable pour coudre du tissu extensible sur une machine familiale. Côté tension, baissez légèrement le fil supérieur si la couture fronce. Laissez le tissu avancer seul et ne le tirez jamais, ni devant ni derrière l’aiguille.

Les matières fines et glissantes, comme le satin élasthanne ou les jerseys légers, ont tendance à être « avalées » par la plaque à aiguille au démarrage. Commencez à 5 mm du bord en tenant les deux fils derrière le pied, ou glissez une bande de papier de soie sous le tissu, que vous déchirerez ensuite.

Ourlets, élastiques et finitions sur lycra et jersey

Les finitions sont l’endroit où l’on voit le plus vite si l’on a su coudre du tissu extensible proprement. Un ourlet qui tire ou un élastique mal réparti suffit à donner un aspect fait maison à une pièce par ailleurs réussie.

Réglage 9 : l’ourlet à l’aiguille double

Sans recouvreuse, l’aiguille double stretch imite très bien l’ourlet professionnel : deux rangs de points droits sur l’endroit et un zigzag sur l’envers. Choisissez un écartement de 4 mm, allongez le point à 3 mm et cousez sur l’endroit, l’ourlet maintenu par des pinces plutôt que des épingles. Si un bourrelet se forme entre les deux rangs, détendez la tension du fil supérieur.

Réglage 10 : stabiliser ce qui ne doit pas s’étirer

Certaines zones gagnent à rester fixes : épaules d’un tee-shirt, encolure en V, bord d’une poche. Une bande thermocollante extensible ou un ruban transparent pris dans la couture empêche ces parties de se déformer au porter. Pour un maillot de bain, l’élastique de bord se coupe environ 10 à 20 % plus court que le bord, selon la zone, puis se pose légèrement tendu, se retourne et se surpique au zigzag.

Repassez toujours à fer tiède, sans vapeur directe, à travers une pattemouille : l’élasthanne supporte mal la chaleur. Une couture légèrement ondulée se rattrape souvent par un nuage de vapeur au-dessus, sans poser le fer. Les boucles, passants et connecteurs de maillot se posent en dernier, sur des bretelles déjà finies.

Coudre du tissu extensible : retenir l’essentiel

Pour coudre du tissu extensible sereinement, gardez cet ordre en tête : mesurer l’étirement, poser une aiguille adaptée, choisir un point élastique, alléger le pied, puis finir sans étirer. Chaque matière réagit différemment, et un même réglage peut convenir à un jersey de coton et échouer sur un lycra brillant. C’est pourquoi l’essai sur chute reste le geste le plus précieux de l’atelier.

Commencez par un projet simple, un haut en jersey ou une culotte de maillot, dans une matière stable et épaisse choisie parmi les tissus de maillot de bain. Une fois ces dix réglages intégrés, vous aborderez les jacquards texturés, les résilles et les satins stretch avec la même assurance. Le reste est affaire de pratique : à la troisième pièce, ces gestes deviennent des réflexes.

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Écrit à l’atelier D’YRSAN, à Asnières-sur-Seine, où nous développons et produisons les collections de nos clients : patronage, prototypage, industrialisation, production petite série.

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