Journal / Développement de marque
Déposer une marque de vêtement : 7 étapes pour protéger votre nom à l’INPI
Distinctivité, recherche d'antériorité, classe 25, coût et suivi : les 7 étapes pour déposer une marque de vêtement à l'INPI sans erreur.
28 octobre 2026 7 min de lecture Par l’atelier D’YRSAN
Vous avez trouvé le nom de votre future marque, il sonne juste et vous l’imaginez déjà tissé sur une étiquette. Avant de commander le moindre prototype, prenez le temps de déposer une marque de vêtement en bonne et due forme : c’est ce qui transforme une idée en actif protégé. Un nom non déposé peut être réservé par quelqu’un d’autre ou vous exposer à une action en contrefaçon si une marque antérieure existe déjà.
Dans le prolongement de notre article sur le choix du nom, voici les sept étapes que nous conseillons aux créatrices qui lancent leur projet. L’objectif : un dépôt marque INPI solide, sans mauvaise surprise au moment de présenter votre première collection de maillots, de lingerie ou de prêt-à-porter. Les montants cités sont ceux des redevances officielles de l’INPI, à vérifier sur son site au moment du dépôt.
Pourquoi déposer une marque de vêtement avant votre première collection
En France, le droit sur une marque naît de son enregistrement, pas de son usage. Autrement dit, la première personne qui dépose est en principe titulaire, même si vous utilisez le nom depuis des mois sur les réseaux sociaux. Le dépôt vous donne un monopole d’exploitation de 10 ans, renouvelable indéfiniment, sur le territoire et pour les produits désignés.
Le calendrier compte aussi. Étiquettes tissées, sacs d’expédition, boîtes et site marchand : tout votre univers repose sur ce nom. Le modifier après la production d’une série signifie réimprimer et retisser, sans compter la perte de notoriété. Mieux vaut sécuriser le nom avant de lancer le travail d’identité visuelle avec notre équipe branding et création de marque.
Enfin, une marque enregistrée rassure vos partenaires. Investisseurs, boutiques revendeuses et plateformes de vente en ligne demandent de plus en plus souvent un certificat d’enregistrement, notamment pour activer leurs outils de lutte contre les copies.
Étapes 1 et 2 : un nom distinctif et une recherche d’antériorité sérieuse
Étape 1 : vérifier que le nom est distinctif
Une marque doit permettre d’identifier vos produits, pas les décrire. Un nom comme « Maillot Soleil » pour des maillots de bain sera refusé car descriptif ; de même, un terme trompeur comme « Pure Soie » pour une collection en polyester ne passera pas l’examen. Privilégiez un nom arbitraire ou évocateur, sans lien direct avec la fonction du vêtement.
Avant de déposer une marque de vêtement, vérifiez aussi que le nom n’est pas contraire à l’ordre public. Il ne doit pas reprendre une appellation d’origine, une indication géographique protégée ou le nom d’une personne connue sans son accord.
Étape 2 : mener la recherche d’antériorité
C’est l’étape que l’on saute trop souvent, et la plus coûteuse à négliger. L’INPI ne vérifie pas si votre nom ressemble à une marque existante : ce sont les titulaires antérieurs qui peuvent former opposition ou agir en justice. La recherche d’antériorité vous permet d’anticiper ce risque avant d’investir.
Commencez par la base gratuite data.inpi.fr, puis élargissez à TMview, qui regroupe les marques de l’Union européenne et de nombreux offices nationaux. Ne cherchez pas seulement le nom exact : testez les variantes phonétiques, les orthographes proches et les traductions. « Lunaé » et « Lunea » peuvent être jugés similaires pour des vêtements.
Complétez par une vérification des noms de domaine, des comptes sur les réseaux sociaux et des dénominations de sociétés. Pour une analyse approfondie, un conseil en propriété industrielle réalise des recherches de similarité : un investissement utile si vous prévoyez une diffusion internationale.
Étapes 3 et 4 : type de marque et classe 25 vêtements
Étape 3 : choisir entre marque verbale et figurative
La marque verbale protège le nom seul, quelle que soit sa typographie : c’est la protection la plus large et celle à privilégier en premier. La marque figurative protège un logo sans texte, tandis que la marque semi-figurative associe un nom et un graphisme.
Si votre logo n’est pas encore figé, déposez d’abord le nom en verbal. Vous pourrez protéger le logo plus tard, une fois l’identité visuelle stabilisée. Déposer un logo provisoire, c’est risquer de payer pour un dessin que vous abandonnerez quelques mois plus tard.
Étape 4 : sélectionner les bonnes classes
Chaque dépôt désigne des produits et services répartis selon la classification de Nice, qui compte 45 classes. Pour déposer une marque de vêtement efficacement, la classe 25 vêtements est incontournable : elle couvre les vêtements, chaussures et articles de chapellerie, dont les maillots de bain et la lingerie. Selon votre projet, pensez aussi à :
- la classe 18 pour la maroquinerie, les sacs et pochettes ;
- la classe 14 pour les bijoux et l’horlogerie ;
- la classe 24 pour les tissus et le linge de maison ;
- la classe 35 pour la vente au détail et en ligne de vêtements.
Rédigez le libellé avec précision : « maillots de bain ; soutiens-gorge ; culottes ; vêtements de plage » est plus sûr qu’une formule vague. Ne désignez pas des produits que vous ne vendrez jamais : une marque non exploitée pendant cinq ans peut être frappée de déchéance.
Étape 5 : le dépôt marque INPI en ligne et son coût
Pour déposer une marque de vêtement, tout se fait en ligne sur le portail marques de l’INPI, après création d’un compte. Vous y renseignez l’identité du déposant, la représentation de la marque, le libellé des produits et les classes. Le formulaire guide chaque étape et récapitule votre demande avant paiement.
Question fréquente : qui doit être déposant ? Si votre société existe déjà, déposez en son nom. Si elle est en cours de création, vous pouvez déposer à titre personnel, puis céder la marque à la société par un acte de cession inscrit au registre national des marques.
Côté budget, la redevance de base s’élève à 190 euros pour une classe, puis 40 euros par classe supplémentaire. Pour les classes 25, 18 et 35, comptez donc 270 euros de taxes officielles. Si vous visez plusieurs pays européens, la marque de l’Union européenne déposée auprès de l’EUIPO débute à 850 euros pour une classe.
Ce coût du dépôt de marque reste modeste au regard d’un budget de lancement. Il protège pourtant tout le travail réalisé ensuite, du patronage au prototype puis à la série, que vous découvrirez sur notre page atelier et bureau d’études.
Étapes 6 et 7 : suivre la procédure et protéger sa marque de vêtement dans la durée
Étape 6 : suivre l’examen et la période d’opposition
Après le dépôt, votre demande est publiée au Bulletin officiel de la propriété industrielle (BOPI), généralement dans les six semaines. S’ouvre alors un délai d’opposition de deux mois pendant lequel tout titulaire d’un droit antérieur peut contester votre marque. Parallèlement, l’INPI examine la validité formelle et la distinctivité du signe.
En l’absence d’objection, l’enregistrement intervient en général environ cinq mois après le dépôt. Surveillez votre messagerie : l’INPI peut vous adresser une notification d’irrégularité, à laquelle il faut répondre dans le délai indiqué.
Étape 7 : exploiter, surveiller, renouveler
Une fois enregistrée, la marque doit vivre. Utilisez-la réellement sur vos produits, étiquettes, emballages et site, et conservez les preuves d’usage : factures, photos de collection datées, bons de commande. Elles seront précieuses en cas de litige ou de demande de déchéance.
Mettez en place une veille sur les nouveaux dépôts similaires afin de former opposition à temps ; des services de surveillance existent et évitent les mauvaises surprises. Notez enfin la date de renouvellement dans votre agenda : sans renouvellement, la protection tombe au bout de dix ans.
Faire vivre votre nom sur chaque pièce
Le symbole ® ne peut être apposé qu’une fois la marque enregistrée ; l’utiliser avant constitue une pratique trompeuse. En attendant, le nom peut figurer librement sur vos étiquettes, sans mention particulière.
Sur le vêtement, la marque cohabite avec la composition des fibres, obligatoire, et les consignes d’entretien, vivement conseillées, surtout pour des pièces exposées au chlore et au sel. Nous intégrons ces éléments dès le développement, que vous lanciez une ligne de maillots de bain, de lingerie et corseterie ou de prêt-à-porter.
Pensez cohérence : étiquette tissée, griffe de col, étiquette d’entretien et emballage doivent reprendre le nom exactement tel que déposé. Une graphie stable renforce la reconnaissance de votre marque et facilite la preuve d’usage.
Déposer une marque de vêtement, le premier geste de votre collection
Distinctivité, recherche d’antériorité, type de marque, classes, dépôt, suivi de la procédure, exploitation : ces sept étapes demandent quelques heures d’attention et un budget maîtrisé. Elles vous évitent de bâtir une collection entière sur un nom fragile.
Pour une stratégie internationale ou un nom proche d’une marque existante, l’avis d’un conseil en propriété industrielle reste précieux. Une fois le nom sécurisé, vous pouvez avancer sereinement vers le patronage et les premiers prototypes, et poursuivre votre réflexion avec les autres articles du Journal.
DYSW-403
Paréo jupe asymétrique noué
DYSW-135
Une pièce à découpes en huit
DYSW-220
Bikini triangle coulissant à liens noués
DYSW-402
Kimono de plage à pans asymétriques
DYSW-134
Une pièce plongeante à cordons tressés
DYSW-219
Bikini bandeau torsadé et culotte échancrée
DYSW-218
Bikini bandeau à volants et anneau
DYSW-401
Robe de plage longue col V
DYSW-133
Une pièce à découpes spiralées et étoiles de mer
DYSW-132
Une pièce à découpes croisées
Écrit à l’atelier D’YRSAN, à Asnières-sur-Seine, où nous développons et produisons les collections de nos clients : patronage, prototypage, industrialisation, production petite série.
Parler de votre projet→